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CAP ou bac pro, ce qu’il faut savoir pour choisir

5 minutes
Publié le 02/11/2020 - Mis à jour le 03/11/2020
L'Étudiant

CAP ou bac pro, bac pro ou CAP… Si vous avez du mal à vous y retrouver entre les deux composantes de la voie professionnelle, ce qui suit est pour vous. Durée des cursus, taux de réussite, obtention d’un emploi à l’issue du diplôme, poursuite des études : voici les clés pour vous aider à choisir la formation la plus en phase avec votre projet professionnel.

Commençons par les fondamentaux : la voie professionnelle est à différencier des voies générales et technologiques. Les deux diplômes du lycée professionnel sont le Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) et le baccalauréat professionnel (bac pro). On y trouve aussi le Brevet d’Études Professionnelles (BEP), mais son avenir ne tient qu’à un fil, nous y reviendrons. En fin de troisième, il peut être compliqué de choisir entre le CAP et le bac pro, mais vous allez voir que ces deux formations ont des caractéristiques différentes et s’adressent à des profils, des désirs et des projets professionnels tout aussi différents.

Choisir le CAP, un diplôme à la carte

C’est l’une des nouveautés de la récente réforme de la voie professionnelle : le CAP, qui nécessitait auparavant deux années d’études, peut désormais être réalisé en un an, deux ans ou trois ans, selon les profils.

Concrètement, la répartition est la suivante :
. CAP en un an : destiné aux élèves qui ont validé leur première ou terminale générale, technologique ou professionnelle, mais aussi aux titulaires d’un diplôme supérieur.
. CAP en deux ans : destiné aux élèves sortant de troisième. À noter que les élèves sortant de troisième avec un bon niveau scolaire et un projet professionnel sérieux peuvent exceptionnellement passer le CAP en un an.
. CAP en trois ans : destiné aux élèves aux besoins spécifiques, formés en Section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) ou en Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire (ULIS), par exemple.

L’enseignement peut se dérouler dans un lycée professionnel – on parle alors de cursus scolaire – ou bien dans un Centre de Formation des Apprentis (CFA) – on parle alors d’apprentissage. Dans le premier cas, les deux tiers de la formation ont lieu au lycée et le tiers restant en entreprise. Dans le cadre d’une formation en apprentissage, c’est l’inverse : deux tiers en entreprise et un tiers au lycée.

La moitié du cursus porte sur des enseignements professionnels pratiques, l’autre moitié sur des enseignements généraux comme le français, les mathématiques, les sciences et l’histoire-géographie.

De la charcuterie à la charpenterie, de la menuiserie au métier de fleuriste, il existe un large éventail de formations : près de 215 ! Chaque CAP est dédié à un métier précis, par opposition à un secteur de métiers. Choisir un CAP, c’est choisir l’ultra-spécialisation. Le CAP va donc s’adresser avant tout aux élèves qui savent exactement quel métier ils aimeraient exercer à l’issue du diplôme.

Choisir un CAP est aussi pleinement adapté si vous ne voulez pas vous lancer dans de longues études. Vous pourrez rejoindre ainsi rapidement la vie active. Bien entendu, ce n’est pas parce que vous préparez un CAP que vous ne pouvez pas poursuivre vos études après votre diplôme, bien au contraire. D’ailleurs, 33 % des diplômés s’inscrivent dans un autre CAP ou en bac professionnel1. Dans ce dernier cas, vous rejoindrez une classe de première dans un bac pro correspondant à un secteur en phase avec votre spécialité.

Côté chiffres, le taux de réussite au CAP était de 78 % en 2019. Concernant les diplômés ayant directement intégré le monde professionnel après le diplôme, 32 % d’entre eux avaient trouvé un travail sept mois après2.

Le bac pro, une bonne alternative, entre travail et études

Le bac professionnel a la même valeur que les bacs généraux et technologiques et se déroule sur la même durée que ces derniers. Choisir un bac pro, c’est s’engager pour trois ans d’études.

Comme pour le CAP, la formation peut avoir lieu dans un lycée professionnel ou en Centre de Formation des Apprentis (CFA), dans le cadre d’un apprentissage. Cependant, à la différence du CAP, on y trouve davantage d’enseignements généraux et des enseignements théoriques et techniques en lien avec votre spécialité. Rassurez-vous, l’enseignement pratique n’est pas oublié puisque vous serez invité(e) à exprimer un choix concernant votre mode d’enseignement en terminale : terminale sous voie scolaire ou terminale en alternance.

Comme pour le CAP, la réforme de la voie professionnelle a aussi eu un impact sur le bac professionnel. Alors qu’auparavant, les élèves de troisième devaient choisir une spécialité parmi une centaine de professions, ils doivent désormais uniquement cocher une famille de métiers en seconde. Puis, à l’issue de la seconde, choisir leur spécialité finale dans cette famille de métiers. L’objectif est de rendre la spécialisation plus progressive.

Concrètement, il y a 14 familles de métiers rassemblant chacune entre deux et 10 spécialités. Ces dernières doivent être installées par vagues successives, à chaque rentrée scolaire, jusqu’en 2021.

Trois familles existent déjà :
. Métiers de la construction durable, du bâtiment et des travaux publics.
. Métiers de la gestion administrative, du transport et de la logistique.
. Métiers de la relation client.

L’obtention du diplôme n’est pas forcément une fin en soi, les bacheliers professionnels décident en majorité (63 %) de poursuivre leurs études, essentiellement en Brevet de Technicien Supérieur (BTS)3. Vous pouvez également opter pour une intégration professionnelle immédiate, avec un plus par rapport au CAP : la possibilité d’encadrer une petite équipe.

Côté chiffres, le taux de réussite au bac pro était de 82 % en 2019. Concernant les diplômés ayant directement intégré le monde professionnel, près de la moitié d’entre eux avaient trouvé un travail sept mois après l’obtention du diplôme (48 %)4.

Et le BEP dans tout ça ?

Malgré sa refonte, en 2009, le Brevet d’Études Professionnelles (BEP) reste peu reconnu auprès des professionnels. Il n’est d’ailleurs plus considéré comme un cursus à proprement parler, car il est intégré au bac professionnel. Le BEP se passe et s’obtient en contrôle continu en fin de première de bac pro.

Alors, pourquoi le conserver (pour le moment) ? Tout simplement pour attester du parcours des élèves s’arrêtant avant la terminale professionnelle. Si le BEP reste bien une qualification professionnelle, il n’est pas conseillé de s’en contenter au regard de sa faible valeur sur le marché du travail et de la difficulté de se réorienter par la suite.

1,2L’Étudiant, 2019
3,4Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, 2017 et 2019

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