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Réflexes en cas de cyberharcèlement

Que faire en cas de cyberharcèlement ?

5 minutes
Publié le 06/02/2023
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Sommaire

Insultes ou moqueries, partage de photos sans le consentement de la personne concernée, publication de photos ou de vidéos compromettantes, menaces, intimidations… Chaque année, les cas de cyberharcèlements se multiplient. On vous dit quoi faire si vous deviez être cyberharcelé.

Le cyberharcèlement n’est pas sans conséquences pour les victimes : dépression, décrochage scolaire ou professionnel, troubles psychologiques ou émotionnels, violence, suicide… Voilà pourquoi, si vous deviez être la cible de ce genre de faits, il est primordial d’agir rapidement.

Comment savoir si je subis du cyberharcèlement ?

Le cyberharcèlement est défini par la loi comme étant « un acte agressif et intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule ».

Il peut prendre plusieurs formes telles que :

  • Les intimidations, insultes, moqueries ou menaces en ligne à votre encontre ;
  • La propagation de rumeurs sur vous ;
  • Le piratage de vos comptes de réseaux sociaux et/ou l’usurpation de votre identité digitale ;
  • La création d’un sujet de discussion, d’un groupe ou d’une page sur un réseau social ayant pour finalité de vous nuire ;
  • La publication d’une photo ou d’une vidéo de vous en mauvaise posture et/ou d’une vidéo ou d’une photo de vous sans votre consentement.

Si vous êtes la cible de l’un ou de plusieurs de ces actes, vous êtes au regard de la loi victime de cyberharcèlement.

 

Cyberharcèlement : que dit la loi ?

Selon l’article 222-33-2 -2 du Code pénal, lorsque l’auteur du cyberharcèlement est majeur, il s’expose à une peine de deux ans d’emprisonnement et à 30 000 euros d’amende. Si sa victime a moins de 15 ans, il encourt jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Lorsque l’auteur du cyberharcèlement est un mineur de plus de 13 ans, il risque au maximum un an de prison et 7 500 euros d’amende si la victime a 15 ans ou plus, et jusqu’à 18 mois de prison et 7 500 euros d’amende si la victime a moins de 15 ans.

Concernant les hébergeurs (d’un réseau social, d’un forum, d'un jeu en ligne, d'un blog, etc.), ils peuvent également être mis en cause s’ils ont eu connaissance des messages publiés et ne les ont pas supprimés rapidement.

Enfin, notez que depuis le 5 août 2018, le texte de loi a été renforcé afin de pénaliser les raids numériques, ou « harcèlements de meute ». Autrement dit, un harcèlement commis par un groupe d’internautes dans le but de tourmenter une seule et même personne.

Cyberharcèlement : parlez-en autour de vous, ne restez pas seul

Vous êtes victime de cyberharcèlement ? Voici quelques-uns des bons réflexes à adopter :

  1. La priorité des priorités consiste à en parler sans tarder à un tiers de confiance (parents, frères, sœurs, amis...). Dans une telle situation, le plus important est en effet de ne pas se taire et, surtout, de ne pas rester isolé(e).
  2. Ne répondez pas aux commentaires ou aux messages qui s’apparentent à du cyberharcèlement. Vous risqueriez d’empirer la situation.
  3. Conservez des preuves en faisant des captures d’écran et verrouillez au plus vite vos comptes de réseaux sociaux. Modifiez leurs paramètres de confidentialité afin de bloquer les auteurs de messages harcelants.
  4. Avant de poster quoi que ce soit, réfléchissez à toutes les conséquences que cela pourrait avoir.
  5. Par la suite, signalez les contenus ou les comportements illicites auprès des plateformes sur lesquelles ils sont présents afin de les faire supprimer. Vous trouverez dans les centres d'aides des différentes plateformes des formulaires dédiés.

 

Comment faire supprimer un contenu, faire cesser un comportement illicite ?

Si les contenus ou les comportements illicites sont présents sur un site, un blog ou encore un forum, contactez le responsable. Vous trouverez son nom et ses coordonnées dans la rubrique « Mentions légales » ou dans les conditions générales d'utilisation dudit site.

Dans le courrier (par lettre ou par mail) que vous adresserez à la CNIL, indiquez précisément quels sont les contenus que vous souhaitez effacer. La CNIL met à votre disposition un modèle ici.

Ensuite, le responsable du site aura un mois pour répondre à votre demande. Passé ce délai, vous pourrez adresser une plainte à la CNIL.

Autre possibilité, demander la suppression des pages web sur lesquelles apparaît une publication vous concernant dans les moteurs de recherche (Google, Bing, etc.). On appelle cela le déréférencement. Si les pages seront toujours consultables sur le (ou les) site(s) d'origine, elles n’apparaîtront plus dans les moteurs de recherche. Ce qui limitera évidemment leur visibilité.
Pour cela, vous devez faire une demande auprès de chaque moteur de recherche. Les principaux, Google, Bing, Qwant et Yahoo mettent à votre disposition un formulaire dédié.

Les numéros à composer et les autorités à contacter en cas de cyberharcèlement

Si vous êtes victime ou témoin d'une situation de cyberharcèlement, vous pouvez :

  • contacter la police ou gendarmerie par messagerie instantanée. Cela vous permettra de dialoguer avec un fonctionnaire de police ou un militaire de la gendarmerie.
  • déposer plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie ou encore écrire au procureur de la République du tribunal judiciaire dont vous dépendez en fournissant toutes les preuves en votre possession.
  • Être accompagné gratuitement dans cette démarche par l’association France Victimes au 116 006 (7 jours / 7, de 9 heures à 19 heures, appel et service gratuits).
  • contacter le 3018, le numéro national, gratuit et confidentiel pour les jeunes victimes de violences numériques. Au bout du fil, des psychologues, juristes et autres spécialistes des outils numériques pourront vous orienter vers différents services de prise en charge pour vous proposer un suivi psychologique ou une aide juridique.

Comment aider quelqu'un qui subit du cyberharcèlement ?

Il est avant tout nécessaire de l’écouter sans minimiser les faits. Puis, dans un second temps, de l’aider à préparer ce qu’il ou elle pourrait dire et à qui. Le plus important, c’est que la victime sache que vous êtes là pour elle et que vous voulez (et pouvez) l’aider.

Si elle ne veut pas signaler le problème, faites en sorte de la convaincre que c’est nécessaire. Non seulement pour que le cyberharcèlement dont elle est victime s’arrête, mais aussi pour que le ou les harceleurs soient punis. Sans cela, la situation risquerait d’empirer et/ou de nouvelles personnes pourraient être visées.

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